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Rémi TROTEREAU

Né en 1956 à Vierzon.
Vit et travaille à Marciac (Gers)

C’est à Marciac, en août 2010, que par l’intermédiaire de Lionel Geny – que nous ne remercierons jamais assez – nous avons rencontré un artiste majeur : Rémi TROTEREAU. Face à son œuvre, le choc émotionnel est immédiat et fulgurant !

Elle couvre de nombreux registres : sculpture, relief, peinture, gravure. Ses réalisations plastiques puissantes et parfois dérangeantes s’inscrivent dans un courant expressionniste tantôt figuratif, tantôt allusif.

Rémi TROTEREAU explore la matière avec force et conviction. Reliefs mystérieux, matières triturées, œuvres venues d’un autre monde, d’une présence indéniable.

Avec des moyens d’une grande simplicité, il construit un monde qui ne peut laisser personne indifférent. C’est puissant et subversif ; avec TROTEREAU, on est dans le dur, immédiatement, dans le ressenti animal jusqu’au tréfonds de son être !

Sa peinture exploite le thème du corps, animal ou humain souvent malmené et souffrant, le nu féminin sensuel ou écartelé. Toutes ses thématiques s’expriment dans une gestuelle vigoureuse, une écriture griffée souvent marbrée de coulures. TROTEREAU connaît aussi sur le bout des doigts son Vinci dessinateur, les esquisses et tableaux des maîtres de la Renaissance. Ses nus sont d’une pureté fascinante, servis par une lumière mettant en évidence sa maîtrise de l’anatomie. Il a une prédilection pour les couleurs de terres, ocres rouges, bruns, noirs, ainsi que des bleu-gris sublimes.

Parler de Rémi TROTEREAU n’est pas simple, tant l’homme est un vibrant amalgame d’écorché vif et de tendresse sous-jacente et résurgente.

C’est ce qui fait son œuvre incontournable !

Philippe COUPELLIER, Covart Gallery

 

« Faut-il interdire Rémi TROTEREAU ? »

L’art de Rémi TROTEREAU est absolument subversif. Ses travaux les plus récents sont, une fois de plus, trop grands (raté pour le dessus de cheminée), trop agressifs et dérangeants (impossible aussi dans le salon ou la chambre à coucher). Ni art “conceptuel” intellectualisant le sexe et l’effroi au point de nous autoriser à en supporter les pires excès. Encore moins art de la “sublimation-esthétisation”, qui permet quelquefois de réconcilier avec la peur et la mort, par les vertus de quelque symbole ou icône, leitmotiv reconnu de longue date pour son rôle réparateur et ses propriétés apaisantes.

Les œuvres de TROTEREAU sont tout le contraire de quelque tentative que ce soit de réenchanter le monde, d’opter pour la contemplation et le sublime ou la tranquille légèreté de l’être. On peut tout de même, à bien regarder ces chrysalides fossilisées et trophées informes qu’il torture, brûle, mutile et emprisonne dans des gangues étriquées, dont émergent des fragments incertains (sexes, viscères…?), y lire un engagement.

Le constat d’une irrémédiable violence, la dénonciation d’une oppressante aliénation sociale, politique, culturelle … L’explication pourrait tenir, rangeant dans le camp ceux qui dénoncent l’inhumain de l’humain et rappellent dans la colère que l’on ne saurait donner dans la poésie après Auschwitz…

La découverte du travail de Rémi TROTEREAU impose un face-à-face solitaire. Alors, les associations mentales se bousculent, jouent à fond leur urgente mission, leur tentative de fonder tout cela en (dé)raison: viol, infibulation, cadavre, mutilation, ossements, souillure, lacération, brûlure, écartèlement, étouffement et puis douleur, souffrance, impuissance, disparition et désespérance … Seulement, quelque chose, encore, échappe à l’interprétation.

Selon la théorie lacanienne, avant l’avènement du Symbolique, avant le langage civilisateur, il a un Réel inconnaissable, faute de mots pour le dire. Le Verbe est définitivement insuffisant. Reste alors, à l’artiste, à montrer. A charge pour nous d’y oser notre regard. Au risque de la fascination. Au risque d’un art sans dieu ni maître, le seul qui nous confronte au manque irrémédiable et ravage nos tentations de certitudes, nos illusions de puissance. Le dévoilement du pire.

Heureusement, il y a des précédents : visages ravagés d’antiques Méduses, gisants médiévaux aux chairs ouvertes, grouillantes de vers, enfers et apocalypses en tous genres, de Bosch à Dado, cadavres d’animaux suspendus et sanguinolents ou leçons d’anatomie humaine de Rembrandt, et puis Goya, Burri, Tapies, Velickovic et quelques autres … qui ne nous ont pas habitués, certes, à cet indicible, trop proche de la folie pour que l’on puisse l’apprivoiser, mais qui font que l’on sait le reconnaître dans ses surgissements. Avec les bienfaits, après coup, de toute catharsis, et l’impérieuse nécessité qu’elle engendre de passer de la jouissance mortifère à la vie, au plaisir, à la conscience.

En prime, il y a aussi du style, de la belle matière. Des bois, des ivoires, cette toile lisse et douce et transparente comme du parchemin qui attire la main, des terres ocres qui évoquent l’Afrique et les déserts d’Orient. Des rythmes aussi, entre suites obsessionnelles et soudaines ruptures …

Qu’est-ce que l’art ? Tout cela, justement. C’est pourquoi, sauf à les interdire, il faut regarder les créations de Rémi TROTEREAU. Les exposer dans les lieux publics, les musées, les centres d’art. Parce qu’elles sont insoutenables et nécessaires.

Evelyne TOUSSAINT, Historienne de l’Art

 

EXPOSITIONS PERSONNELLES

1986    Galerie Capazza, Nançay, France

1987    Galerie Terre du Marais, Paris, France

1988    Musée Massey, Tarbes, France

1989    Abbaye de l’Escaladieu, Bonnemazon, France

1993    Galerie Aurélia, Orléans, France

1995    Invité d’honneur Jazz in Marciac, Marciac, France

             Galerie Zeller, Tarbes, France

             Galerie Stock’Art, Toulouse, France

1996    Galerie Art Connexion, Bordeaux, France

             Galerie Henry, Pau, France

1997    Chapelle de l’Ancien Carmel, Tarbes, France

1998    Galerie Galarza, Pau, France

             Palais des Congrès, Lourdes, France

1999    Musée des Beaux-Arts, Pau, France

             Halle Saint-Pierre, Paris

2000   Art Jonction, Nice, France

             Espace Auteuil, Paris, France

             Galerie Otéro, Saint-Paul-de-Vence, France

2001    Millenium Gallery, Londres, Royaume-Uni

             MJC Quartier Berlioz, Pau, France

2002   Quartier Berlioz, Pau, France

            Maison Carrée, Nay, France

            Le Manège, La Roche sur Yon, France

2003   Invité d’honneur de « Détours d’Arts », Billère, France

2004   Centre d’Art Contemporain, Mont-de-Marsan, France

2005   Chapelle de l’Ancien Carmel, Tarbes, France

            Abbaye de l’Escaladieu, Bonnemazon, France

2006  Sentier Sculpturel Mayronnes, (Aude), France

            Salon Art du Ru, Toulouse, France

2007  Galerie L’Ane Bleu, Marciac, France

           Galerie J.C CAZAUX, Biarritz, France

           La Morue Noire Novart, Bordeaux, France

           Contemporary Art New York, USA

           Galerie Otéro, Saint Paul de Vence, France

2012  Covart Gallery, Luxembourg

           Exposition  » Chemin de croix « , Basilique Saint-Sernin, Toulouse

 

EXPOSITIONS COLLECTIVES

1985   Rencontre des Sculpteurs de la Région Centre, Château de Blois, France

1991    Détours 91, Billère/Pau, France

1996   Art Expo, Barcelone, Espagne

            Espace Paul Ricard, Paris, France

1999   Rencontres, Musée Ingres, Montauban, France

            Coup de Cœur, Espace Cardin, Paris, France

2001   Musée de l’Unesco, Beyrouth, Liban

            Rencontres du Cadran Saint-Geours-de-Maremme, France

2004  Biennale d’Art Contemporain, Istanbul, Turquie

2011   Arts Atlantique, La Rochelle, France

            Espace Cardin, Paris, France

            Arténim, Nimes, France

 

SALONS

1999-2004    Salon Mac 2000 (groupe), Paris

2005               Salon de Mai,(groupe), Shangaï (Chine)

2007               L’Ane Bleu, Marciac (Gers)

 

PRESENCES EN COLLECTIONS PUBLIQUES

Musée de Carcassonne

Musée des Beaux-Arts de Pau

Musée Massey, Tarbes

 

PRIX

2003 Grand Prix du salon Mac 2000, Paris

 

BIBLIOGRAPHIE

HENG Michèle, Trotereau, ed. Atlantica, 2005

TOUSSAINT Evelyne, Faut-il interdire Rémi Trotereau ?, Mai 2001

GAMAND Gérard, A la recherche de la bête originelle, AZART , 2000