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Jean-Jacques PIEZANOWSKI

Après des débuts dans une expression contemporaine il démarre une solide formation au métier de peintre : dessin, composition, techniques de l’huile et de l’aquarelle.

Il s’engage ensuite dans une période classique au sein de la Société Internationale d’Art Figuratif et expose en France, en Allemagne, aux Etats-Unis et au Japon en parallèle de son activité d’ingénieur dans la sidérurgie.

Dans une pleine maîtrise du métier de peintre, il revient à la création contemporaine et depuis quelques années s’exprime dans un style néo expressionniste post moderne. 

J.J. Piezanowski sonde l’âme humaine et la marque du temps qui passe. Dans le traitement de ses scènes et portraits, les visages apparaissent déstructurés, les couleurs contrastées, cernées comme les stigmates de la vie. Mais derrière le mystère de ses regards se dégagent toujours une douceur et une beauté intérieure. Les yeux de ses personnages veulent prendre vie comme autant d’étincelles d’espoir.

Ses encres sont épurées et tentent de figer une expression ou une émotion dans la spontanéité du geste limpide, unique.

En décalage avec cet univers, les titres amènent une légèreté, une pointe de poésie et d’humour, seuls remparts à cet univers parfois violent. Comme la vie !

 

Jean-Jacques PIEZANOWSKI, par Denys-Louis Colaux, poète et écrivain belge

Piezanowski est un peintre français né en 1952.

C’est un artiste qui a du tempérament, du coffre, de la vigueur, de la finesse aussi, de la délicatesse, un artiste qui rend par le tumulte du trait, la composition de l’œuvre et les (o)rages de la couleur les accidents de la vie, les grands chiffonnements de l’être et de sa ligne de chance, les froissements de l’âme, ses difformités.

Un artiste qui représente et traduit les tourments, les désarrois de l’homme mais aussi l’entêtement de l’orgueil humain, la force de son regard, sa volonté. Tantôt, dans ses esquisses, il prélève avec grâce une essence de l’être, tantôt, dans l’œuvre peinte, il entre dans la matière, le tourment de l’être, sa forge intérieure.

Mais au final, je vois un être doué qui regarde l’homme avec un humanisme lucide, qui le regarde sans mépris et sans dépit dans la multiplicité de ses états. Je vois quelqu’un qui accumule les visages pour le bâtiment d’une immense mosaïque humaine, une chaîne sismique qui dit la vie farouche, belle, congestionnée, tragique, fracturée, paisible et foudroyée. Un art qui dit la grâce, la convulsion, les morcellements, l’unité et les érosions de l’être.

Mais je vois aussi, dans l’expressionniste qui rend le bouillonnement intérieur de l’être, un ardent coloriste, un type qui sait composer, harmoniser les courbes, équilibrer les masses, donner à voir quelque chose qui tient, qui se pose là, avec la puissance d’une nouvelle évidence, d’une évidence insoupçonnée. Je vois un artiste qui met l’ardeur en forme de telle façon qu’elle nous dévisage, nous défie ou entre en complicité avec nous, de telle façon qu’elle balaie l’indifférence d’un revers de pinceau.

Dès qu’on entrevoit une œuvre de Piezanowski, il y a face-à-face, il y a rencontre et dialogue.  Je vois encore, dans une geste picturale qui me conquiert et m’émeut, dans une quête d’une formidable cohérence, un artiste qui tient du forgeron et de l’esthète, de l’hercule et du couturier, du vitrailliste et du tailleur de pierre, de l’orfèvre et du chirurgien pour gueules cassées.

Mais l’œuvre est essentiellement éruptive, foisonnante, elle rend ce magma de l’être sur quoi le spéléologue de l’âme et de ses gouffres, l’artiste dans la double quête de l’essence et de la substance finit par mettre la main.

Il y a pourtant dans cette peinture une rencontre heureuse entre l’instinct et la pensée. Il y a parfois chez cet expressionniste, avec la violence des impulsions, une assez inédite impression de nuance, de subtilité, d’élégance. Je vois enfin un artiste qui me parle dignement de l’être dans un langage sensible, complexe, puissant, enlevé, fiévreux, je vois, au travers de son œuvre, la flamme de l’être, sa flamme pourpre et bleue et rouge, sa flamme menacée, sa flamme de sang, de ciel et de mer, sa flamme de viscères, je la vois se tordre, vaciller, éclairer, consumer la vie, lever sa fragile et volontaire langue de lumière et sa torche d’ombre, le soleil noir de sa mélancolie.

Janvier 2013